Des pieds à la tête, Tatiana vit sa danse, elle la traverse telle une tempête qui, sans crier gare, éclabousse son histoire. Tous ses ports d'attache succombent à la félicité de l'instant T.

Elle en est toute remuée, transpercée, vidée et remplie de sainteté. Telle un champs de fleurs caressé par un vent insistant, elle ne peut que fléchir amoureusement vers le sol transparent.

Sa danse la stimule, l’enveloppe, lui enseigne l'amour et l'union entre fond et forme
Un seul Être, voyageur et véhicule d'extase.
L'unité qui danse sans images.
La totale immobilité de l'enfant innocent, sans pourquoi

La voix crie:
" Danse ta vie!
Danse ta chevelure, ta poitrine et ton armure
Danse tes petits petons et les plis de tes émotions
Danse ton corps en suspension
Danse l'entre deux et le complexe, le simple et le perplexe
Danse ce qui est et rends-toi à ton Dieu!"

Tatiana trépigne, sautille, frétille et s’évanouit dans le cœur de son œuvre, de sa danse, de son mandala de vie.
Elle se faufile entre les fils de la trame et reconnait sa beauté joyeuse et folle.

Toujours plus bouleversée, elle se laisse étreindre avec émotion, et au cœur de sa danse, son étoile filante se met à tisser un canevas sensuel de magie pure, sans buts et sans sujet.

Plus elle la danse, plus elle s'oublie, plus elle étreint l'éternel présent et plus elle se laisse transformer.
Pure étonnement! Juste un trait d'union entre son étoile et le cœur du monde
Et tout disparait

Avant l'évanouissement, La voix limpide du cœur laisse couler des sons riches et orgasmiques dans tout son être. Des larmes innocentes et joueuses roulent sur ses joues reconnaissantes. Ses mains s'ouvrent au mystère de la création.

La voix du cœur, encore plus fort, sort de ses entrailles:

" Que vive longtemps les enfants du changement! les marqueurs du renouveau! Ceux qui jamais ne se donnent à moitié, ceux qui disent avec ardeur leur envie de danser, de vivre et de tomber dans le cœur du vivant, dans le charme de l'instant! "

Osons nos voix et notre mouvement. Soyons libre et ardent, Soyons!"

Danse cosmique originelle

Originelle

Qui suis-je ? Cette question porte la marque de qui je suis. Une question sans réponse, voilà qui je suis. Celle qui ne vient de rien et qui ne va nulle part.

Je suis femme originelle, femme du néant. Femme de la nuit, je suis sa fidèle servante. Je m'approche des berceaux afin de poser la noirceur de ma présence comme signe d'accueil. Je suis éternelle descente, beauté lugubre, hantise de moi-même. Qui donc saura m'aimer ? Je parle la langue du silence insondable et des tripes. Je laisse la vie glisser, les fleurs faner, la source s'assécher et je me délecte de toute transformation. Je savoure la beauté du dépérissement, du
délitement. Et dans ma propre absence je jouis de l'unité.


Vous êtes mes amis chéris, je vous réserve mes offrandes de sagesse mais sachez me voir avec des yeux neufs, des yeux lavés. Jetez au loin vos peurs et vos croyances pour venir plonger votre regard dans la noirceur de mes origines.


Je vous réserve un voyage sensuel tout en nuances. Derrière masques et déguisements, je vous montrerai la véritable nature des choses. Je vous révèlerai l'origine de mes entrailles. La terre est ma mère, la souche de mon verbe, le grain de ma vie.


Je célèbre la ténébreuse chanson du pauvre et du démuni, je saute à pieds joints dans le marre aux malheurs pour que la lune s'y reflète en milliers d' éclats. Je ne m'effarouche pas de vos doutes et de vos contradictions, j'en ris et je les place au sommet de mon totem.
Que vive la noirceur au creux de vos ventres, que danse la rivière de sang de vos veines !


Je suis reine du néant et prêtresse de l'ombre. Oubliez moi aussi vite que possible, mon nom est une injure à la vie et ma présence n'a d'égale que mon absence. Ne me cherchez pas, vous risqueriez de vous perdre. Prenez le temps d'oublier qui vous êtes, alors je me présenterai à vous dans l'invisible déguisement dont on me pare ; le revers de la médaille, l'autre face de la pièce.


Chers amis, puissiez-vous entrer dans le royaume des morts par la porte de mon cœur. Que la danse du feu y attise vos désires de me rencontrer pour que je vous enseigne l'énigme de ma sagesse. Elle se révèle lorsque tout a été oublié. C'est dans ce vide que je réside et que je vous attends.
Soyez bénis, frères et sœurs de la terre !

Marcher sur le fil de ta douleur

Tu frôles l'adversité avec délice, contient ton désir de mourir, juste assez pour le sentir aller et venir en toi comme un amant intrépide.

Les autres, ils ont peur... ils veulent te faire quitter cet état tremblant qui menace leur vision du monde, ils se sentent démunis et dans ta danse d'équilibriste entre vie et mort, n'y voient que passion dévastatrice.

Pour toi il s'agit d'autre chose, c'est ton salut, ta grandeur d’Âme, ta foi aussi, qui est mise à nue. Une confiance qui déborde de sagesse. Ton talent inné qui s'exprime avec grâce.

Danser sur le fil de ta douleur, c'est ta façon à toi de marcher ta solitude, libre et authentique, de sourire et de contempler l'insondable beauté de toi-même dans toutes tes facettes sombres et adorables.

C'est sur ce fil tranchant comme celui du rasoir que tout se passe pour toi, le petit et le grand se confondent, le bien et le mal aussi et cela laisse libre court au partage sensible d'une vérité implacable.

Rien à part toi et ce fil, rien à part toi et ce fil qui jamais ne t’encombre. La douleur devient légère, presque tendre lorsque tu la côtoie de plus près, elle te dorlote parce que tu la respecte.

Tu partages ton innocence de ne plus savoir comment vivre.
Tu es heureuse de ton partage. Même si aux yeux des autres, il n'est que maladresse et manque à être, aux yeux du Grand Tout, il sera accueilli et reçu à bras ouverts!

De cette vulnérabilité totale naitra un enfant moi ressuscité, autrement enveloppé, dans une peau douce et soyeuse, lavée par les pleurs et chauffée au soleil du cœur.

Rien d'autre que ta danse n'aura plus d'importance.
Unique et fière tu avanceras entre confiance et désespoir
tissant et te laissant tisser par ce fil douloureux mais si tendre à la fois, par ce fil généreux qui crée ton existence.

Qu'importe l'exil!

Qu'importe l'exil et ce qui fuit en moi

Qu'importe ce qui laisse un goût aigre sur ma langue

Mon envie de danser, plus forte l'emportera sur tous les doutes et l'impossible amour

Cette offrande grandira

Elle sera partagée et donnera naissance à la joie d'exister hors d'un plan divisé

Honneur à l'unité et à sa douce voyance!

Translucide et sacrée elle se nourrie de moi, de mes joies, de mes peines mais jamais ne m'ignore.

Même au cœur de la lutte elle attend patiemment, un sourire sur mes lèvres, elle offre par moments.

Intime et claire, contente et animée, la Présence se donne à qui peut l'écouter.

Elle danse et se plonge dans l'infini dédale de nos songes capricieux nous honorant, vivants, d'un manteau animal qui crée de la chaleur dans l’habitacle du cœur et nous protège du loup et de ses dents pointues, aiguisées et taillées pour le plaisir des autres, ceux qui ne sont plus qu' une ombre sans poème et qui rien qu' en apparence pensent, rient, aiment

Seul ce qui brûle permettra le passage et nul ne peut savoir si le loup nous mangera. De ce loup nul doutes que nous ne savons rien sauf que sa mémoire est son plus lourd fardeau et que c'est de cela dont il veut se nourrir alors même qu'il crie vouloir s'en départir. Nos pensées ne sont rien sans son accord tacite, il donne de l'importance à ce qui n'en a pas, il joue le jeu du drame et nous donne la fessée lorsque trop naïfs et joueurs nous voulons exister

Alors amis savants et aussi pour vous autres, soyez malins et forts, rebelles et courageux, sortez vos griffes et votre voix de joie lorsqu'il attaque de son blabla mesquin. Soyez généreux et très sensible aussi en lui tranchant la gorge, en lui mangeant le cœur

C'est ainsi que le monde redevient enfantin, lorsque les contes et les histoires d'un soir deviennent rappel vivant de l'essentiel, lorsque miroir et loupe nous délivrent du faux, nous permettant de lire entre les rides de notre doux visage, les intentions mesquines et malhonnêtes de celui qui veut notre peau, s'amusant à nous rendre misérable ou bien trop vaniteux pour nous laisser toucher par la grâce et ses dieux.

"Non" ! dit la Mère à l'enfant-moi, "tu n'auras pas ce que tu veux mais tu apprendras à rire et à pleurer dans la joie du vivant; Tu deviendras fort et intense comme ton père et tu auras suffisamment de larmes pour te sentir humain. Alors peut-être, dit-elle peut-être que tu honoreras ta vie et celle des autres aussi".

Le chant ivre

Entrer dans le vif du sujet
Dans le réel saisissant
Sans se défendre d'exister et sans repères choisis
Se laisser chuter sans buts, juste par amour du sol
Aller à sa rencontre avec soin, sans projets.
Pas de peurs d'échouer ni même de réussir

Rencontrer la lame de la vie, le quadrillage douloureux des corps qui se découpent dans l'espace
Choisir la douceur, rencontrer la dureté, s'assoir entre les deux sans espoir de confort

Avec patience et sans mots, retrouver l'idéal, passé au crible du vivant. Se défaire du mélo et savourer sans honte l'eau brûlante de l'instant

Y plonger son front, son visage et sa nuque
Retrouver la passion perdue sous la surface des choses
Vivre plus profondément seul que d'habitude
Savourer le bonheur d'être soi, de ne plus rien savoir

Passer le mur du doute
Sans retour en arrière
Laisser vivre et chanter le murmure insistant de l'étreinte spontanée du silence et du son
Ressentir la vie qui se fraie des chemins, dans les rides et les plis de nos corps assumées

A travers l'abandon, se sentir revenir, encore une fois sans peurs et le cœur rougeoyant
Remonter en surface et ré-ouvrir les yeux
Se remettre en scelle sur l'authentique Présent
et respirer plus fort le parfum de ce moi qui à jamais démissionne quand je le cherche en vain!

ADI SHAKTI ou le Sacrifice du cœur!

NUIT NOIRE tisse sa toile de volupté... parcourant l'immensité de COSMOS. Aliénée à sa propre démesure, elle va et vient sans entraves dans l'espace chaotique des possibles, déployant ses artifices joyeux!

Rire, Pleurs et Tremblement comptent parmi ses ornements de feu, révélant les milles et unes sagesses qui inséminent la terre blanche de ses vœux

Sa danse cadencée s'offre au jour naissant dans une transe révoltée. A ses pieds nus, elle dépose ses larmes de lumière et de paix, nées de leur sincères retrouvailles

Oser se perdre en lui! Oser se dévêtir de l'intime noirceur pour renaitre à la franchise de ce nouveau baptême!
Succomber! les paupières closes et la bouche sage.

De cette union sans plis, exhalent milles parfums tels des enfants dont quelques noms se donnent enfin: Harmonie, Joie et Félicité d'un seul jet!

Cette prière du cœur ainsi renouvelée, ardente et rouge comme un baiser, coule par tous sentiers, identique en tout lieux, comme un écho d'elle même et donne sa bénédiction aux héros du chemin.

Chartres dévêtue

Chartres est pensive, lascive, ne peut qu'hésiter encore et encore à se laisser dévêtir par ceux qui s'amoncellent sur son sol de mystère et veulent y découvrir le secret endormi de leur cœur étranger

Pourtant a-t-elle le choix que de se laisser prendre par ce regard sur elle?


A-t-elle le choix de s'élever contre ceux qui pensent à elle, à son histoire et veulent en dévoiler l'intime?

Dans son ventre quelque chose fleure la rose et bien qu'encore dissimulé, cela déjà lui monte au nez, comme une moutarde trop forte à cacher si bien qu'il faudra assumer de rougir et de perdre ce qui déjà était tombé, son masque de tiédeur et de cachoterie.

C'est sa virginité aujourd'hui retrouvée qui lui confère cette grâce à vos yeux étonnés. Cette robe étoilée, invisible du dehors qu'il vous faudra trouver en unifiant vos âmes au symbole de sa chambre, à la clé de son rêve, aux portes du destin qui vous y guide sans peurs.

Chartres se donne et vous porte en son cœur, vous offre son courage et sa voix pour œuvrer au-delà de ce vide qui parfois vous sustente, elle vous impose sa loi, celle du rythme endiablé de l'ouverture à l'autre, du jeu sans artifices.

Elle se gratte la joue et passe sur vos doutes en y laissant tomber un peu de fond de teint. De cette juste offrande, vous verrez le dessein, encore de vie en vie vous ouvrir le chemin.

Quand à moi, ici bas, je lui lance un appel, celui de renoncer à me tenir loin d'elle, car déjà sous sa jupe, je me suis immiscée et rien d'elle à présent ne me semble étranger.

Je lui offre mon pardon et elle me laisse rire, me raidir et gagner enfin son intime joyau, à jamais disponible pour ceux qui comme moi passent joyeusement, le mur de la honte.

Ainsi nous sommes nues, elle et moi, un seul corps, riche de douleur et de félicité. Je lui parle à l'oreille, elle se penche vers moi. Rien d'autre n'a de saveur que ce petit baiser que je dépose enfin sur ses lèvres délicates, me sentant à nouveau comme un petit enfant aux portes de la joie et du contentement.

Le grand Silence des mains vides

Je te respire et tu me respires.

Que reste-t-il de nous dans ce souffle commun?

Un parfum?

Un hymne?

Une buée ou bien un léger givre sur nos êtres imprégnés de cette quête sans fin?

Qui pardonne? Qui sait pardonner?

Tu me mens et je te mens

Lorsque mes cheveux s'enroulent dans les tiens, qui fait ça?

Pas d'erreur, juste une intention sensuelle sans acteurs

Le mensonge s'envole et reste la liberté, le jeu des apparences volatiles et le plaisir de ne plus s'appartenir.

Un rayon de soleil qui danse et tout est transformé

Les ombres sur ton corps me rappellent mes démons, ceux du ventre insatiable qui fait monter l'envie

Je te regarde dormir et tu sembles disparaître dans la douce expression d'une joue déposée, d'une hanche assagie, d'un air joyeux qui soutient tout ton monde.

Je suis guérie de toi, de moi, de notre humanité

Je respire avec toi et tout semble anobli

Je vois danser la vie derrière les rideaux sombres qui posent dans l'espace quelque chose d'implacable.

Nos pensées, nos excuses et le manque de confiance qui parfois font tremper nos plumes dans l'encrier amer de l'incompréhension, du doute et des images fourbes et malhonnêtes qui nous prennent par surprise

Il n'en restera rien, ni pour toi ni pour moi et de cela non plus nous ne pourrons rien dire alors autant danser mon ami, sur la vague de cette liberté qui déjà nous soulève et nous porte dans les bras de notre vraie nature.

Aimons-nous à l'inspire et mourrons à l'expire

Ainsi sera donné le secret de la Source, à ceux qui comme nous n'en savent rien du tout et gardent au fond du cœur la saveur des mains vides.

La vierge à tête de lion

La vierge à tête de lion, la connaissez-vous?

C'est elle, la nuit, qui veille sur vos corps déposés

C'est elle qui vous prend par la main pour mieux vous relever et qui panse vos plaies de ses mains dévouées

C'est elle qui vous pousse vers vos doutes et vos peurs, vos résistances aussi et vos luttes intérieures

C'est elle qui vous gâte et tout à coup vous reprend tout pour le simple plaisir de jouer avec vous

C'est elle qui vous accueille et qui vous raccompagne,

aux lendemains de fête, elle vous prête sa tête

C'est elle qui n'attend rien et qui danse dans vos vies, vous laissant croire à vos histoires sans pour autant vous laisser choir

C'est elle en vous qui danse, du nord au sud, et d'est en ouest, elle illumine vos corps et vos esprits aussi, au cœur de vos blessures, elle insuffle sa joie, sur vos fronts elle dépose quelques rose et vous offre à foison tout un tas de pardons

Voyez donc sa jupe tourner, soyez vrais et osez jouer!

Elle vous guidera en paix vers l'homme-singe vivant l'état divin et vous offrira un lit pour déposer vos ennuis et tous vos tristes rêves aussi.

Les faux départs

Il est souvent dans mes pensées, ce grand voyageur solitaire, il se balade avec sa faux, avec sa tête de crabe

Il rôde et semble flairer mes peurs, sentir ma désespérance aussi

Il prône un détachement sourd et mes rêves trompeurs lui vouent un culte

Que demande-t-il à l'enfant peureux? De laisser tomber le masque du paraître et d'oser montrer sa détresse?

Ou maman est donc partie? Quand va-t-elle revenir?

Et les spasmes dans le ventre qui pointent le besoin d'être rassurer encore et encore.

Il s'approche de plus en plus près de la chair tremblante et demande si l'heure est venue

Comment mourir lorsque la vie ne cesse de fleurir?

Peut-être ne fait-on jamais véritablement de deuil si ce n'est celui de nos croyances limitées sur la vie.

Je renonce à la mort de l'être aimé et j'accepte de dénouer ce nœud de peurs illusoires laissant ainsi le vivant honorer ce jaillissement spontané sans histoire. Ce dénouement parfait me propose la seule danse qui ne soit pas programmée, la danse de l'être qui n'a pas d'intentions ni de projets, la danse libre et verticale sans objet à travers laquelle mon monde s'effondre et donne naissance à la joie de n'être rien.