Jetons Nature

Du manque à la plénitude, le retour chez soi

Beaucoup d’énergie est dépensée chaque jour pour conquérir un nouveau territoire, un nouveau talent, un nouveau savoir, ou une nouvelle personnalité qui nous semblerait moins souffrante que la nôtre. Cet état de manque, nous l’entretenons donc en allant chercher à changer le décor de notre rêve individuel et collectif. Cela se fait dans l’inconscience le plus souvent car nous ne savons pas qui nous sommes. Nous nous sentons coupés de notre « chez nous » et cette nostalgie là nous pousse à chercher réparation vaille que vaille à travers le jeu des expériences. Une fois qu’il a été vu de nombreuses fois que l’état de manque perdure malgré les expériences fructueuses ( sans compter celles qui nous semblent insatisfaisantes voire douloureuses ), une nouvelle investigation peut naître. Celle de retrouver en soi, la « maison », le « chez soi » tant désiré. A la base de chaque sentiment de manque, rappelons-nous qu’il y a ce goût de l’absolu, de la plénitude sinon pourquoi rechercherions-nous ce plein ? Si nous avons ce goût en nous, c’est bien qu’il existe dans notre cœur. Je me souviens des paroles d’une chanson qui disait : «  même la nostalgie de Dieu est déjà une expression de sa grandeur ». Ce goût d’absolu que nous le nommions Dieu ou autrement existe chez chacun de nous.

Comment alors faire retour à cette plénitude sans avoir besoin de chercher à l’extérieur de soi une solution à cette apparente incomplétude ?

 

Regarder en soi est une formule magique car elle va permettre de dévoiler la personnalité limitée et révéler la nature même de qui nous sommes. Le regard tourné en dedans permet de revenir à cette ouverture perceptive sans intention. Dans un second temps, il est possible à partir de cette ouverture vaste de voir l’« extérieur » et cela se fait sans avoir à passer par le mental et le monde des concepts, cette ouverture est une disponibilité, une capacité de percevoir et ce qui est perçu vient s’y fondre naturellement. Cela permet une perception fraîche, sans mémoire, sans commentaires, sans attachements. La conscience est une avec le monde.

Il n’y a plus de sujet «  moi- le corps et le mental» tel que nous le connaissons et d’objet «  toi » ou « cela ». Il n’y plus que perception, qu’« apparaître » dans l’espace de disponibilité que nous sommes.

Dans cette disponibilité ouverte, les choses vont et viennent sans appartenance et sans saisie. La question du manque disparaît d’elle même et la plénitude se goûte sans effort puisque l’espace de la conscience n’a besoin de rien pour être et n’a pas de limite en soi.

 

Au lieu de chercher à conquérir une nouvelle image de nous-

même ou encore une façon de nous aimer qui soit probablement limitée et aléatoire, peut-être est-il plus opportun de revenir à ce qui est, derrière ces apparences, ce champs des possibles dans lequel aucune situation ne peut être un problème. Ce retour vers la conscience permet de se dégager des quêtes toujours plus insatisfaisantes et de renouer avec la beauté au cœur de cet espace d’incréé.

24/08/2022